Intel et Qualcomm partent en guerre contre le bannissement de Huawei

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La funeste perspective d’un important manque à gagner pousse Intel, Qualcomm, mais aussi Xilinx à tendre la main à Huawei. Un rapport publié par Reuters, suggère en effet que les trois firmes auraient d’ores et déjà engagé des discussions avec le gouvernement Trump, en vue d’assouplir les sanctions prises en mai à l’encontre du géant chinois des télécoms.

Nous ne sommes pas dans la mansuétude béate et désintéressée, mais qu’importe, cette coalition en faveur de Huawei pourrait bien contribuer à améliorer la situation pour le moins scabreuse du groupe de Ren Zhengfei outre-Atlantique. D’après les sources de Reuters, des cadres d’Intel et Xilinx auraient rencontré fin mai des représentants du Département américain du commerce afin de « discuter d’une réponse à la décision de l’administration Trump d’inscrire Huawei sur sa liste noire », explique TechRadar.

Des rencontres organisées sous l’égide de la Semiconductor Industry Association

Quatre autres sources, toujours citées par l’agence de presse britannique, indiquent en outre que Qualcomm aurait lui aussi discuté du problème avec le département américain du commerce. Des rencontres que la Semiconductor Industry Association a confirmé avoir arrangé.

L’approche de l’association face au cas Huawei tend d’ailleurs vers le compromis. Si le groupe de lobbying estime que les équipements 5G de Huawei représentent bien un potentiel risque pour la sécurité intérieure des Etats-Unis, il indique aussi que les serveurs et smartphones commercialisés par Huawei utilisent des composants communément utilisés dans l’industrie. Selon l’association, ils représenteraient donc un risque bien plus modéré.

Toutefois, les représentants du Département du commerce se veulent clairs : Intel, Qualcomm et Xilinx ne sont entendus qu’à titre consultatif. Auprès de Reuters, précision a ainsi été faite que l’organe gouvernemental « répond régulièrement aux questions des entreprises au sujet de la portée des règlements », mais que ces discussions « n’influencent pas les mesures d’application de la loi ».

Le spectre de milliards de dollars de pertes pour Intel, Qualcomm et Xilinx

Comme évoqué plus haut, l’initiative conjointe d’Intel, Qualcomm et Xilinx, vise avant tout à défendre leurs propres intérêts financiers. « Il ne s’agit pas d’aider Huawei. Il s’agit de prévenir les dommages aux entreprises américaines », explique ainsi l’une des sources contactées, et citées, par Reuters.

Dans son rapport, l’agence de presse estime notamment que, sur les 70 milliards de dollars dépensés par Huawei en composants sur l’année 2018, près de 11 milliards étaient destinés à des firmes américaines, dont Qualcomm, Intel et Micron Technology.

Victime (parmi d’autres) de l’onde de choc générée par le bannissement de Huawei, Broadcom affichait pour sa part des revenus en recul sur le Q2 2019 et revoyait à la baisse ses prévisions pour le reste de l’année. Une situation que les trois firmes citées précédemment cherchent, dans une moindre mesure, à éviter. Un prompt retour de Huawei dans les affaires serait donc d’intérêt général.

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